De très nombreux dispositifs sociaux et légaux entourent la consommation de substances psychoactives et lorsque la personne concernée n’arrive plus à faire valoir son libre-arbitre ou qu’elle met la vie des autres en danger, sa famille, la justice ou encore le corps médical sont en mesure de le sanctionner ou de lui imposer une aide sous contrainte.

 

Exemples d’application en matière d’IP

  • Les mesures de contrainte ou les placements à des fins d’assistance existent dans tous les cantons romands. Entre l’autonomie de la personne concernée et le devoir d’assistance de la collectivité, il s’agira de réfléchir à la position et au rôle de l’IP
  • Généralement, la demande d’aide est considérée comme pertinente quand c’est la personne concernée qui en fait la demande. Or, dans le domaine des addictions, de plus en plus de mesures administratives et judiciaires contraignent l’usager à devoir participer à un programme de soutien pour l’enjoindre à changer sa pratique de consommation. Cette situation doit être prise en considération,
  • L’article 3c LStup est entré en vigueur le 1er juillet 2011 avec l’ensemble des nouvelles dispositions découlant de la révision partielle de la Loi fédérale, approuvée fin 2008 en votation populaire. Cet article donne une base légale en matière d’annonce notamment s’il s’agit d’enfants ou de jeunes présentant une consommation problématique de drogues risquant de déboucher sur une addiction. Comme dans la première brochure, cela doit être intégré.

 

Enjeux

  • Il est impossible de faire l’impasse sur le thème de la contrainte
  • En matière d’IP, la contrainte peut être perçue comme une opportunité ou, au contraire, comme un frein.
  • Il s’agira de traiter de ces différents aspects en renvoyant à des ressources qui permettent d’y voir plus claire (par ex. directives médico-éthiques[1], réflexions professionnelles sur la privation de liberté[2], prise de position[3], etc.)

 

Sources:

[1] ASSM, Mesures de Contrainte En Médecine (Berne: Académie suisse des sciences médicales, 19 November 2015), p. 48 <https://www.samw.ch/dam/jcr:a95ff3a8-8fa6-4436-9163-f80071305462/directives_assm_mesures_de_contrainte.pdf>.

[2] ‘Dépendances N° 30 : Regards Croisés Sur l’aide Contrainte’, ed. by ISPA et GREAT, 2006 <https://www.grea.ch/publications/dependances-30-regards-croises-sur-laide-contrainte> [accessed 21 September 2017].

[3] GCDP, Politique Des Drogues et Privation de Liberté (Global Commission on Drug Policy, 2019) <http://www.globalcommissionondrugs.org/position-papers/deprivation-of-liberty>.

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Le modèle bio-psycho-social proposé par le psychiatre Claude Olivenstein dans les années 70, permet d’appréhender la complexité de l’addiction, en tenant compte de trois dimensions également constitutives de l’expérience addictive. Celle-ci est comprise comme la relation entre :

  • Un produit (ou un comportement)
  • Un individu
  • Un contexte

Le modèle bio-psycho-social permet de repérer les angles nécessaires à la compréhension de l’addiction : en prenant en compte l’interaction des trois pôles entre eux, ce qui donne lieu à des approches théoriques particulières, correspondant à des disciplines d’intervention spécifiques.

Ainsi, l’addiction (avec ou sans substance) peut être considérée comme : « (…) le résultat d’une stratégie adaptative, d’une personne donnée, dans un contexte donné. (…) Un comportement qui participe à un équilibre d’un mode de vie et qui joue parfois un rôle de solution pour apaiser un vécu de stress. » (Morel, 2010, p.71).

Pour le GREA, l’addiction est caractérisée par la perte d’autonomie du sujet par rapport à un produit ou un comportement. Elle se caractérise par l’association entre :

  • la souffrance de la personne concernée
  • les changements dans son rapport au monde (aliénation).

 

Exemples d’application en matière d’IP

Cette approche souligne la place fondamentale de l’entourage dans l’application de l’IP.

En effet les aspects biologiques liés au produit doivent être considérés mais aussi les aspects liés à l’individu et à son contexte.

Par exemple dans le cas de projets d’intervention précoce auprès de seniors qui consomment de l’alcool, nous devons tenir compte d’une part des modification physiologiques qui nous permettent de saisir les spécificités de la consommation d’alcool à un âge avancé (diminution du volume hydrique dans le corps et élimination plus lente de l’alcool, ou encore sevrage pouvant apparaître jusqu’à 10 jours après l’arrêt de la consommation) mais nous devons également tenir compte du parcours de la personne concernée et de son entourage (habitudes de vie, valeurs, choix personnels…). Enfin les dimensions contextuelles (règlement de l’EMS en matière de consommation par exemple) doivent également être considérées dans une telle démarche.

 

Enjeux

  • L’enjeu principal est simple, il consiste à tenir compte de cet aspect multidimensionnel et de considérer la personne dans sa situation globale, ce qui est possible uniquement grâce à une approche interdisciplinaire

 

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