Glossaire

Accompagnement thérapeutique:

Nous avons choisi ce terme plutôt que "prise en charge" pour axer sur l’importance de la collaboration active de chacun dans le processus thérapeutique.

Adolescence:

Le terme « Adolescence » est utilisé pour désigner la tranche d’âge entre l’enfance et l’âge adulte, lors de laquelle se produisent de nombreux changements physiques, psychiques et sociaux. Ces transformations sont de l’ordre d’une réorganisation identitaire qui fragilise temporairement l’individu mais en général, sans conséquence négative. C’est le moment où les conduites à risques sont pour les premières fois expérimentées par goût d’aventure, identification à un groupe ou expression d’un mal-être. Le jeune, s’il ne bénéficie pas d’un cadre de vie favorable lui permettant de dépasser les perturbations engendrées par ces changements, va souvent perpétuer ces conduites dans l’âge adulte.

Approche motivationnelle :

L’approche motivationnelle est un ensemble de techniques (dont l’EM=l’entretien motivationnel) qui visent à développer une motivation au changement intrinsèque en aidant le sujet vulnérable à prendre conscience de sa situation et de l’ambivalance de celle-ci et à mobiliser ses ressources. D’un côté, le sujet a des comportements volontairement et de l’autre, il souffre des conséquences de celui-ci. De la part du professionnel, une attitude de non jugement et non partisane a priori du changement permettra de favoriser la création d’une alliance entre le professionnel et le sujet, où celui-ci s’approprie la démarche entreprise.

Approche multidimensionnelle :

L’approche multidimensionnelle vise à travailler avec le sujet en prenant en compte l’ensemble des sphères de son existance. Des outils ont été développé pour permettre un bilan global de la personne. La thérapie familiale multidimensionnelle (MDFT) va dans ce sens en considérant que les comportements problématiques sont multidimensionnels tant dans leurs causes que dans leurs effets.

Besoin et nécessité :

Ce qu'on entend par besoins ou nécessités en matière de santé dépend de nombreux facteurs individuels, culturels et sociaux. Les besoins sont à la fois des souhaits et des exigences de personnes et de groupes de personnes. Il est question de besoins lorsque des données déterminées de manière objective justifient une intervention préventive (ou thérapeutique). Une nécessité peut aussi se présenter en l'absence d'un besoin ; les jeunes consommateurs de drogues n'expriment, par exemple, que rarement leur besoin d'aide.

L'étude des besoins constitue un élément important de la planification des services préventifs au sein d'une commune ou d'une région ; elle fournit des bases décisionnelles objectives pour la définition des priorités, la justification des moyens, le renoncement aux prestations inefficaces, etc., dans le but de protéger et de promouvoir la santé de la population ou de certains groupes définis.

Coaching :

Le coaching est un type de soutien visant à permettre aux personnes de mieux se connaître, de mieux mobiliser leurs propres ressources et donc à renforcer leurs capacités.

Co-morbidité :

Existance concomitante de plus d'un/e maladie, trouble ou singularité.

Consommation de substances :

Dans le domaine de la prévention, la consommation de substance est considérée en tant que comportement à risque, y compris entre autres la consommation très répandue de la polyconsommation de plusieurs substances. L'OMS en distingue l'usage, l'abus et la dépendance.

Dépistage:

Le dépistage sert à identifier des maladies qui ne sont pas nécessairement visibles. Ce terme ne s'applique pas à l'Intervention Précoce.

Diagnostic:

Identification et appellation d'une maladie au moyen de la notion scientifique y afférente selon un registre de diagnostic existant. Les diagnostics constituent toujours aussi des hypothèses de travail, sont souvent provisoires et ne peuvent parfois être posés définitivement qu'après un certain temps. Cela vaut notamment pour les diagnostics psychiatriques. En règle générale, un diagnostic n'a de sens en tant qu'hypothèse que s'il conduit à une intervention ou à un traitement possibles.

Efficacité:

Impact/performance. L'efficacité est un outil de mesure pour évaluer l'effet/l'impact d'une mesure ou d'une intervention.

Efficience:

L'efficience compare la relation entre "input" (investissement/effort) et "output" (rendement/utilité). L'efficience des coûts permet d'évaluer la rentabilité d'une mesure ou d'une intervention.

Etude d'intervention:

Etude à but de recherche au cours de laquelle un programme, tel la promotion de la santé, la prévention d'une maladie ou une intervention médicale, est systématiquement appliqué à une personne ou à un groupe donnés de la population afin d'en évaluer les résultats.

Etude de cohorte:

Etude dans laquelle un groupe de personnes présentant des caractéristiques communes (p. ex. participation à une intervention préventive) est observée pendant une période donnée (appelée aussi étude de suivi).

Evaluation:

Examen systématique et objectif de l'impact et de la rentabilité d'une intervention. Le but de l'évaluation est une appréciation critique de l'intervention quant à son efficacité et à son rendement. On fait la distinction entre une évaluation ciblant le résultat et une évaluation ciblant le processus.

Evidence based prevention:

Prévention dont l'efficacité est prouvée de manière répétée par des évaluations spécifiques. La recherche sur l'impact distingue différents degrés d'évidence. A titre d'exemple, ces quelques critères d'évidence manuel de plan d'intervention, reproduction des mêmes interventions à différents endroits par différents chercheurs ; plan d'intervention expérimental avec groupes d'intervention et de contrôle randomisés.

En prévention et en promotion de la santé, on ne peut généralement pas appliquer de critères trop sévères en matière d'intervention. Il est par contre important que tous les programmes de prévention soutenus par les deniers publics soient systématiquement évalués.

Facteur de risque:

Les facteurs de risque existent chez une personne ou dans un environnement, dont l’existence est associée à une probabilité accrue de développer une maladie ou un trouble psycho-social. Les facteurs de risque sont aussi appelés précurseurs ou prédicteurs de maladies et de troubles.

Facteur de protection :

Caractéristique, chez une personne ou dans un environnement, dont l’existence va de pair avec une probabilité accrue de ne pas développer une maladie ou un trouble de la santé donné. Les facteurs de protection sont importants parce qu’ils peuvent amoindrir les effets des facteurs de risque existants et parfois non modifiables. On recense entre autre les liens avec les proches, la capacité d’adaptation, l’autonomie, l’indépendance d’esprit, l’insertion professionnelle, l’estime de soi etc.

Incidence :

Nombre de nouveaux cas/évènements (maladie, trouble, comportement à risque) dans une population définie pendant un laps de temps défini.

Interdisciplinarité :

L’interdisciplinarité est un type d’action où l’on s’efforce de réunir les compétences de chaque discipline dans un esprit de synthèse et de travail en réseau efficace.

Jeune :

Dans le cadre de cette brochure, le mot « jeune » utilisé comme nom est utilisé comme synonyme au mot « adolescent ».

Pathogenèse :

La pathogenèse explique la manière dont se développent maladies ou troubles. Il en découle des indications utiles pour le traitement et la prévention.

Prévalence :

Nombre de cas/évènements (maladie, trouble, comportement à risque) dans une population définie à un moment précis (prévalence ponctuelle) ou - plus souvent - pendant un laps de temps défini.

Prévention :

La prévention est l’ensemble des mesures pour éviter qu’une situation non-désirée ne survienne ou que, dans le cas où elle est apparue, ne se dégrade pas ou se résorbe. Il y a donc plusieurs niveaux d’intervention : la prévention primaire, secondaire ou tertiaire. Par comportement non-souhaité, on entend autant une jambe cassée, qu’une consommation ou un comportement dangereux et une maladie. Mais ces niveaux de prévention sont plutôt distingués dans le domaine médical.

Dans le domaine psycho-social, on parle plutôt de prévention communautaire et prévention indiquée (ou individuelle).

Dans le domaine du droit, on parle de prévention générale et de prévention spéciale.

Promotion de la santé (individuel et collectif) :

La promotion de la santé telle que définie par l'OMS est le processus qui confère aux populations les moyens d'assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d'améliorer celle-ci.[11] Cette démarche relève d'un concept définissant la "santé" comme la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut d'une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et, d'autre part, évoluer avec le milieu ou s'adapter à celui-ci. (WIKI)

Promotion d'un environnement favorable :

La promotion d’un environnement favorable concerne les mesures prises pour modifier les structures problématiques : manque de parcs, difficultés d’accès aux terrains de sport, routes bruyante et dangereuse à proximité des habitations etc.

Protocole de collaboration :

Le protocole de collaboration permet de connaître qui sont les acteurs compétents dans la région et de savoir comment prendre contact avec eux. Un protocole de collaboration définit les relations entre les partenaires (définition des rôles et des références, modes de communication et protection des données, etc.), les responsabilités de chaque partie, ainsi que les objectifs et un mode de fonctionnement commun permet d'éviter les malentendus. Il promeut une implication active de tous les partenaires dans une démarche d'Intervention Précoce intégrée.

Résilience:

La résilience est un concept né dans les années 1935-45 ne trouve pas encore de définition partagée. Nous l’utilisons ici dans le sens d’une capacité à rebondir après des événements douloureux. Cette capacité peut être améliorée par le renforcement des facteurs protecteurs.

Salutogenèse:

Concept de recherche sur la santé dérivé de la question "qu'est-ce qui maintient les êtres humains en bonne santé ?". Le concept-clé en est le "sentiment de cohésion" d'A.Antonowsky avec ses trois composants "sentiment de compréhensibilité", "sentiment de maîtrisabilité" et "sentiment de signifiance". La salutogenèse est souvent mise en opposition au modèle de la pathogenèse.

Screening - Dépistage:

Le dépistage permet de reconnaître les singularités ou les facteurs de risque au moyen de tests, investigations/examens ou autres procédés simples pouvant être effectués rapidement à assez grande échelle. Le dépistage ne remplace pas le diagnostic. Les personnes présentant des résultats positifs ou suspects doivent être déférées à des institutions de santé en vue de diagnostic et de traitement.

Le dépistage sélectif vise des groupes choisis dont il est supposé qu'ils sont exposés à des risques accrus pour une maladie ou un trouble donnés , comme par exemple les enfants de parents toxicodépendants.

Setting:

En français : lieu/cadre de vie ; environnement socioculturel. L'approche par le cadre de vie part du principe que le comportement des personnes est co-défini par les systèmes dans lesquels celles-ci vivent, à savoir, entre autres, famille, école, entreprise, commune. Les interventions préventives qui s'adressent à des systèmes entiers sont plus prometteuses, selon cette approche, que celles qui visent uniquement les personnes à titre individuel.

Situation de vulnérabilité :

On parle d’une personne en situation de vulnérabilité quand, à un moment donné, certains facteurs de risque, personnels ou contextuels, ne peuvent être contrebalancés par les facteurs de protection à sa disposition, augmentant ainsi la probabilité de connaître des difficultés par la suite.

Travail communautaire :

Le travail communautaire consiste pour sa part à prendre en compte l’ensemble des acteurs pouvant agir sur leur environnement et, le cas échéant, leur donner ou redonner du pouvoir d’agir. Il est nécessaire, pour passer de la théorie à l'action, de dégager des moyens pour faire les liens avec la communauté (travail social en milieu scolaire, travail social hors-murs, animation socioculturelle). En effet, une politique de promotion d’un environnement favorable ne peut être réellement utile que si elle trouve des relais sur le terrain capable de mobiliser les acteurs au jour le jour.