Concept

Favoriser l'intégration des jeunes est une responsabilité collective primordiale. Alors que dans l'approche classique, prévention et thérapie ont tendance à être opposées, le concept d'Intervention Précoce (IP) cherche à rapprocher ces domaines afin d'augmenter leur complémentarité.

L'objectif de cette brochure est de présenter l’IP en détail avec des illustrations pratiques et des expériences concrètes déjà menées avec succès en Suisse romande. Elle vise à créer de l’intérêt pour cette démarche, à stimuler l’implication des acteurs et à donner des recommandations générales pour sa mise en œuvre.

L’IP ne concerne pas uniquement les professionnels spécialisés, mais appelle également la participation de la collectivité dans son ensemble, autant dans une démarche de promotion de la santé que dans une logique de repérage des conduites à risques. Si les personnes en lien avec les jeunes savent la plupart du temps reconnaître lesquels sont en difficultés, ils ne savent souvent pas quoi en faire, ce qui empêche une réponse rapide et risque de provoquer encore davantage de souffrance. Il existe de nombreuses ressources qui pourraient apporter une aide, mais qui ne sont parfois pas suffisamment connues ou sont d'un accès difficile. Il est donc nécessaire de chercher à renforcer l’interface entre les spécialistes et la communauté.

Pyramide du concept

(Cliquez sur les + à côté des niveaux de la pyramide pour en lire le détail)

PHASE 1: PROMOTION D’UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE

Toute action en soutien de la jeunesse doit avant tout s’intéresser au contexte social. Il s’agit de renforcer les ressources collectives et individuelles, chez les professionnels et les citoyens, pour favoriser le bon développement de ses membres. Une difficulté vécue par un jeune doit pouvoir être accueillie dans un contexte citoyen et professionnel capable d’éviter l’exclusion et la marginalisation d’un individu ou d’un groupe. Une communauté forte se donne les moyens d’accompagner ses membres et limite par là même le recours à des services spécialisés.

PRINCIPES D’ACTION

  • Renforcer les compétences collectives et individuelles
  • Augmenter les opportunités d’insertion des jeunes dans la société
  • Ancrer la promotion d’un environnement favorable à la santé dans les institutions
  • Agir au sein de la communauté et en mobiliser les ressources

PHASE 2 : REPÉRAGE

Le repérage concerne les personnes dans l’entourage proche du jeune (famille, école, milieu associatif, etc.). Dans certaines situations, les jeunes éprouvent des difficultés le plus souvent temporaires, mais qui peuvent aussi se révéler plus profondes. Le repérage consiste à porter son attention aux signes qui peuvent laisser transparaître un besoin de soutien spécifique. Le repérage doit être avant tout une démarche de questionnement et de dialogue sur un ensemble d’éléments personnels et environnementaux. Si une situation de vulnérabilité semble se dessiner, il conviendra alors d’envisager avec le jeune le recours à une évaluation externe de la situation.

PRINCIPES D’ACTION

  • Promouvoir le dialogue avec les jeunes qui semblent éprouver des difficultés
  • Travailler sur les contextes sociaux et institutionnels
  • Offrir un espace de dialogue reconnu pour les situations particulières
  • S’intéresser aux pratiques pouvant comporter des risques pour la santé

PHASE 3 : ÉVALUATION

L’évaluation s’inscrit dans la continuité directe de la phase de repérage. Il s’agit de mettre à disposition un espace professionnel pour évaluer les situations les plus compliquées où une réponse au niveau de la communauté ou des institutions ne peut pas être trouvée. ll s’agit d’approfondir les éléments de vulnérabilité observés précédemment pour déterminer avec le jeune des pistes d’amélioration possibles.

PRINCIPES D’ACTION

  • Prendre en compte les multiples dimensions de la vulnérabilité
  • Chercher à comprendre la nature et l’ampleur des difficultés du jeune
  • Favoriser l’alliance de travail avec le jeune
  • S’appuyer sur des outils, des méthodes et des compétences validées

PHASE 4 : PRISE EN CHARGE

Pour une minorité de jeunes dont la situation de vulnérabilité a été confirmée, une intervention psycho-sociale doit être proposée. Celle-ci doit correspondre aux besoins identifiés lors de l’évaluation et pas forcément aux seuls symptômes visibles. La prise en charge du jeune ne vise pas à régler tous les problèmes, ni à normaliser son comportement. Elle s’attache avant tout à favoriser son autonomie et à mieux l’outiller pour affronter les défis auxquels il fait face.

PRINCIPES D’ACTION

  • Répondre de manière individuelle aux difficultés que rencontre le jeune
  • Intégrer la famille et l’entourage (approche systémique)
  • Dépasser les signes visibles de vulnérabilité du jeune
  • Promouvoir les compétences du jeune et réduire les facteurs de risques